Pourquoi j’ai décidé de ne plus protester sur les réseaux sociaux

Pas vraiment un thème lié aux fêtes, à première vue, et pourtant…vous allez comprendre.

Au début, un peu comme beaucoup d’entre nous, je poussais, de-ci, de-là, des « petits » coups de gueule en story ou sur mes publications. Et puis, depuis quelques temps, j’ai décidé d’arrêter.

Non pas que je sois dans le déni des problèmes que la société, et nous, à plus petite échelle, rencontrons. Je ne remets pas en cause toutes les profondes transformations qui ont lieu et que beaucoup soutiennent ou pas. Je suis tout à fait consciente que les choses doivent évoluer et que cela ne se fait pas toujours dans notre intérêt personnel.

Cette période de l’avent 2019 a été très marquée par les grèves des transports et donc, toutes les conséquences qui en ont découlées, plus particulièrement pour les parisiens. J’ai vu et entendu beaucoup de protestations de toutes parts et je les comprends pleinement. Chacun, je pense, à son niveau, a des raisons valables de ne pas être satisfait(e) d’une situation qu’il (ou elle) n’a pas choisie. Moi-même, je ne suis pas en accord avec tout ce qui se passe et la façon dont cela se passe. Ce qui est normal. Tout individu a son propre point de vue lié à ses expériences et à ce qu’il porte en lui (peurs, croyances, blocages, blessures intérieures…).

Mais, la Tunisie m’a appris à voir les choses différemment. Depuis que je vis là-bas, j’ai pris conscience que mon point de vue n’était pas forcément le plus juste pour les autres. Il peut être fondé sur de nobles valeurs, ce n’est pas pour autant qu’il va résonner chez mon frère de cœur tunisien (sa vie est si différente de la mienne). Ayant été accueillie avec tellement d’amour, je me dois de redistribuer cet amour. Alors lorsque je vois quelque chose qui me dérange, je réfléchis à la façon de les SENSIBILISER AVEC LE PLUS D’AMOUR POSSIBLE.

En Tunisie, un des problèmes majeurs est la quantité importante de déchets dans la rue, sur la plage et dans la nature. Ils n’ont aucun système efficace de traitement et recyclage des déchets et ils n’ont pas été sensibilisés aux conséquences que les déchets peuvent avoir sur la nature et sur l’homme.

Je me souviens d’une story que j’avais faite, un jour, sur ma chère plage d’Hammamet, jonchée de détritus en tout genre. J’étais vraiment en colère. Sur le fond, j’avais raison mais sur la forme, je me trompais complètement. Et les seules réactions que j’ai eues étaient celles d’européens qui me disaient que j’avais raison. J’en ai conclu qu’à part flatter mon égo et déverser ma mauvaise humeur (pourtant compréhensible) sur les autres (et donc, mon énergie négative sur des personnes qui n’avaient rien demandées), je n’avais rien apporté de positif à la situation.

Bien sûr, qu’il va falloir, à un moment donné, être très ferme pour obtenir un réel changement de mentalité du style : « je ne jette plus mes détritus par terre ». Mais ce ne sont pas mes coups de gueule qui vont permettre cela. Bien au contraire.

Alors, depuis quelques temps, je prends régulièrement des sacs et ramasse, moi-même, les déchets qui sont sur la plage, devant les personnes qui passent près de moi. Et je leur souris. En plus, il y a un lycée juste en face et les élèves sont sur la plage à chaque récréation. Je pense que faire ce geste devant ces jeunes, avec le sourire, est un véritable acte d’éducation et d’amour.

Dernièrement, on m’a invitée à faire un pique-nique dans la campagne. J’ai dit « OK, avec plaisir. Je m’occupe des salades et je prends des sacs pour les déchets ». Je sais que les personnes que je côtoie, essayent de faire attention mais en agissant ainsi, je leur montre à quel point, c’est important pour moi, pour nous et pour la nature (car ils savent à quel point, je l’aime).

Lorsque je suis en France, je ressens un climat assez constant de grogne et de revendications en tout genre. C’est assez français, reconnaissons-le. Et, lorsque je me joins à ce mouvement en protestant moi-même, sur les réseaux sociaux et autres, je ressens une énergie vraiment basse, qui me nuit plus qu’autre chose et nuit aussi aux gens qui me lisent. Et, à ce moment précis, je ne me sens plus en accord avec ma valeur essentielle qui est l’AMOUR.

Alors, depuis quelques temps, et à travers mon expérience tunisienne, je cherche des moyens pour participer à l’évolution de la société TOUT EN DONNANT LE PLUS D’AMOUR POSSIBLE. Il y a plein de façons concrètes de le faire, à commencer par apporter de la JOIE, de l’ESPOIR, de la CHALEUR et du RECONFORT autour de nous, et plus particulièrement sur les réseaux sociaux !