Qui suis-je ?

Une petite fille solitaire et très sensible

J’ai toujours été une petite fille très discrète, assez solitaire, préférant la compagnie des animaux plutôt que celle des autres enfants.

Je passais des heures dans le jardin de ma grand-mère maternelle, observant ses tortues et jouant avec ses chats.

Avec les tortues de ma grand-mère. J’étais fascinée par leur lenteur et leur perspicacité.

C’est cette même grand-mère qui m’a éveillée aux mondes subtils et à la spiritualité avec beaucoup de curiosité et de joie.

Ma grand-mère avec qui j’ai partagé les 7 premières années de ma Vie. Je lui dois tant !!!

Malheureusement, elle s’est envolée alors que je n’avais que 7 ans : « l’âge de raison » et ce n’est pas un hasard si on lui a donné cette appellation. Jusqu’à cet âge, tous les enfants ont tous une très forte sensibilité et tout à coup, l’éducation, la culture, la société impose ses règles et fait tout pour nous couper de nos émotions.

C’est ce qu’il s’est passé pour moi et je me suis cachée sous une carapace de fille et femme forte quoi qu’il arrive, étouffant mes émotions dès qu’elles se manifestaient.

J’ai détesté l’école, non pas par rapport à la découverte de nouvelles connaissances mais à cause de l’esprit de compétition, du rythme qui n’était pas le mien, de l’autorité, de l’agitation, du bruit, des injustices, de l’espace fermé dans lequel je passais mes journées entières.

Vous la voyez ma petite bouille triste ?

16 ans en apnée. C’est vraiment comme cela que je l’ai ressenti.

Une professionnelle épanouie, une mère comblée mais une femme éteinte

À 19 ans, je commence des études d’infirmière et je me trouve confrontée à un autre univers : le milieu hospitalier. Et là, même constat. Je ne suis pas dans mon élément. Par contre, j’adore le contact avec les patients mais je veux soigner selon MA propre sensibilité et non en devant me plier aux exigences d’un système que je ne cautionne pas depuis que je suis née.

Après l’obtention de mon diplôme, en 1990, je m’installe en tant qu’infirmière libérale et je commence à me sentir, ENFIN, à ma place. Ces années n’ont été que du bonheur. J’étais maître de mon temps et de la façon de porter de l’attention et du soin à mes patients. C’était une grande responsabilité mais je l’assumais avec un plaisir immense parce que j’étais alignée avec qui j’étais au plus profond de moi.

Juin 1990 : je suis mariée depuis 2 ans, je viens d’obtenir mon diplôme d’infirmière et je suis enceinte de mon premier enfant.

Gros bémol : ma vie privée n’est qu’une succession de moments très heureux et d’échecs successifs sentimentaux (3 séparations et 2 divorces). J’étais la maman de 3 merveilleux enfants qui me comblaient mais j’étais incapable de trouver un équilibre dans ma vie sentimentale. Mes relations étaient idylliques les premiers temps puis devenaient peu à peu cauchemardesques. C’étaient les montagnes russes émotionnellement parlant. Cela m’épuisait littéralement et mon corps commençait à m’envoyer des signaux d’alerte.

Cela m’a conduit, en 2006, à la maladie. Maladie qui m’a obligée à stopper mon activité professionnelle. Celle qui contribuait justement à mon équilibre !!!

5 ans plus tard, en 2011, je suis en invalidité, dans un fauteuil roulant et sans diagnostic.

Ma vie de femme, de maman et de professionnelle de la santé est dévastée.

« Je continuerai à faire ce que j’aime même si je dois faire autrement »

À cette époque, J’étais fermement décidée à sortir de cette impasse. Ma créativité de grande sensible me permit de compenser, en partie, le handicap qui s’installait mais, malgré ça, mon état continuait à s’empirer.

Le problème, c’est que je cherchais la solution à l’extérieur en consultant des dizaines de médecins et en testant une multitude de traitements.

La sophrologie qui était entrée dans ma vie 20 ans plus tôt, m’a peu à peu réconciliée avec mon corps. J’ai alors compris que la solution était en moi mais je ne savais pas par où commencer et j’avais besoin d’un élément déclencheur : Ce fut la Tunisie qui me l’offrit en 2015.

Ma fille me proposa de partir avec elle. Sur le moment, je refusai car cela me paraissait surréaliste étant donné que je ne tenais pas plus que 30mn assise et ne marchait que quelques mètres. Mais elle insista et je finis par céder car malgré tout ce qui m’arrivait depuis toutes ces années, mon goût du risque et de l’aventure était toujours bien présent en moi.

Le premier jour du reste de ma Vie

27 août 2015 : Je fis le voyage le plus fou de ma vie : 8 heures au total pendant lesquelles je gérais mon énergie grâce à la sophrologie, la respiration consciente et d’autres techniques que je m’étais appropriée les quelques semaines avant notre départ. À mon arrivée, je me sentais tellement fière de moi : j’avais accompli ce que les médecins disaient impossible pour moi.

Mais le plus incroyable arriva les jours suivants. Nous nous sommes rendus à Tunis pour retrouver des amis et ils voulaient nous faire visiter la médina. C’était inaccessible en fauteuil roulant alors j’ai marché au bras de l’un d’entre eux. Je me sentais portée par une chaleur humaine et une énergie incroyable que je n’avais plus ressentie bien longtemps. Je ressentais une joie immense de remarcher (presque) comme avant. Nous avons fait plusieurs pauses mais ce que j’étais en train d’accomplir était inespéré et surtout allait à l’opposé de ce que l’on m’avait prédit.

Ce que j’ai vécu, là-bas, pendant cette folle semaine fut le début d’une autre vie.

Un nouveau départ qui me demanda persévérance et confiance en moi et en la VIe.

Une vie où, peu à peu, je compris ce qu’il se vivait en moi et que ma grande sensibilité était ma meilleure alliée si j’apprenais à la décoder et si je lui permettais de s’exprimer librement.

Je me familiarise avec mes émotions, mon intuition, les messages que mon corps m’envoie car, je l’ai compris à ce moment-là : il ne se trompe jamais et tout ce que je ressens, grâce à cette grande sensibilité, ce sont de précieuses informations qu’il me communique à chaque instant.

Alors, oui, c’est vrai que je continue à traverser des tempêtes et parfois elles sont bien intenses mais c’est le propre de la vie. Nous devons accepter cela. Nous devons accepter de ne pas tout contrôler.

Par contre, toutes les stratégies que j’ai développées depuis ce nouveau départ, m’apportent une grande sérénité, énormément de confiance en moi et en la vie. Cette paix intérieure a transformé ma perception de chaque évènement que je vis mais aussi ma relation à moi-même et aux autres.

Une nouvelle mission qui a redonné tout son sens à ma Vie

J’ai également suivi une multitude de formation qui m’ont toutes tellement enrichie.

Et après 13 ans d’invalidité, en 2019, je décide de me créer une activité professionnelle qui me passionne tout autant que mon métier d’infirmière et qui est le prolongement de tout ce que j’ai vécu auparavant : Sophrologue et je m’engage à accompagner les personnes (hyper)sensibles à retrouver cette paix intérieure, à se sentir alignées avec leurs valeurs et leur besoins. Je ferai tout pour qu’elles se sentent fières d’elles et pour qu’elles retrouvent un sens à leur Vie (personnelle et professionnelle).

Un des plus beaux cadeaux de mon (hyper)sensibilité assumée

Il y a aussi une dernière chose et pas des moindres : Je vis, depuis 6 ans, une relation amoureuse totalement atypique mais profondément authentique et alignée avec qui je suis, en total accord avec ma grande sensibilité.

Je vis une relation amoureuse atypique mais totalement alignée avec qui je suis.

Je peux dire aujourd’hui que c’est en assumant complètement ma grande (hyper)sensibilité que je m’autorise (ENFIN) à vivre intensément chaque instant tout en me sentant fière de moi, en paix avec moi-même et les autres.

Merci la Vie, Merci la Tunisie, Merci à moi de n’avoir jamais rien lâché malgré les obstacles !!!